LANCEMENT DU 4ème PLAN AUTISME

Le président, trois ministres et une secrétaire d’État lancent les travaux du 4e plan Autisme

Publié le 06/07/17 - 21h55 - HOSPIMEDIA

Longtemps oubliées des politiques, les personnes autistes attendent leur quatrième plan. Et c’est au Palais de l’Élysée qu’un nouveau volet du combat pour la défense de leurs droits a été lancé. Cinq grandes problématiques, une mobilisation interministérielle mais aussi des départements et des ARS devraient permettre de ne pas faire d’impasse.

C'est Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées qui a ouvert ce 6 juillet au Palais de l'Élysée, une après-midi consacrée au lancement du quatrième plan Autisme. À la tribune, elle a tout particulièrement insisté sur la nécessité d'une "mobilisation collective pour mieux comprendre, diagnostiquer et accompagner les personnes présentant des troubles autistiques". Anticipant sur la présentation de la méthodologie retenue, elle a précisé que les collectivités territoriales seraient "intimement associées à la préparation" de la feuille de route (lire encadré). La suite de la journée — se terminant avec l'intervention du président de la République, Emmanuel Macron — n'a fait que confirmer la volonté du Gouvernement d'inscrire ce nouveau volet dans la transversalité, à tous les niveaux.

La transversalité en bannière

Pour la secrétaire d'État, c'est une évidence, les politiques du handicap doivent se construire dans le respect des compétences de chacun. Elle a aussi déclaré qu'il n'était pas possible de "concevoir ce prochain plan sans y inclure les personnes autistes". 
Trois ministres se sont ensuite exprimés, illustrant à propos la coopération évoquée par Sophie Cluzel. Pour les Solidarités et la Santé, Agnès Buzyn a ajouté sa pierre à l'édifice qui devra "renforcer la qualité des interventions des établissements sanitaires et médico-sociaux". Elle a également souhaité que "le futur plan s'articule avec les travaux actuels menés en matière de santé mentale et en psychiatrie pour garantir le parcours de vie sans rupture des personnes autistes". Elle a appelé les différents acteurs à "dépasser leurs antagonistes". 

Le parcours à l'honneur

Jean-Michel Blanquer, pour l'Éducation nationale, a de son côté plaidé pour le parcours au détriment d'une logique de structure d'accueil, longtemps privilégiée. Quant à Frédérique Vidal, au titre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, elle a naturellement choisi de mettre en avant les travaux des scientifiques. "Les trois précédents plans ont permis de structurer la recherche avec la mise en place de cohortes". Les domaines concernés sont nombreux : génétique, neurobiologie, médecine, psychologie et sciences sociales... Il est maintenant essentiel pour cette dernière, que des plateformes collaboratives se développent et qu'une politique volontariste accompagne la pédopsychiatrie et la formation des professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux ou médico-sociaux aux spécificités de l'autisme. 

Objectifs et groupes de travail pour un quatrième plan

La préparation du quatrième plan Autisme se fera en quelque sorte au pas de course. Six mois sont en effet prévus. Les réunions se dérouleront jusqu'à la fin de l'année.
- Les quatre objectifs affichés :

faire participer les associations d'usagers et leurs familles ;

faire participer tous les départements de France ;

prendre en compte le parcours des personnes ;

repérer les actions à mettre en place.

- Les cinq groupes de réflexion :

scolarité, formation professionnelle et enseignement supérieur ;

adultes : insertion dans la société et dans le monde du travail ;

familles et parcours ;

recherche et nouveauté ;

qualité des interventions et aide au changement.

 
Après les membres du Gouvernement, la parole a notamment été donnée aux deux auteurs du rapport d'évaluation du troisième plan Autisme pour l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Toutes les deux se retrouvent finalement à la tête de l'élaboration du quatrième plan. Elles vont devoir mettre en musique les recommandations qu'elles ont préconisées. Delphine Corlay, désormais secrétaire générale déléguée du Comité interministériel du handicap (CIH), est à la manœuvre du futur plan avec Claire Compagnon, qui préside le comité de pilotage associant les représentants de groupes de travail territoriaux et nationaux.

Concernant l'organisation de la nouvelle planification, Delphine Corlay a insisté sur les "évolutions du comité de pilotage qui doit accueillir plus largement l'interministérialité, les professionnels de santé et les représentants des personnes avec autisme et aussi les collectivités territoriales". Les cinq groupes thématiques installés vont très vite définir leur cadre de réflexion. "Nous avons aussi souhaité trouver un moyen de mieux représenter les territoires avec des groupes de travail territoriaux pour repérer les initiatives locales et pouvoir les déployer au niveau national", a-t-elle expliqué.

Un plan issu du terrain

Plus largement, le travail pour le nouveau plan s'inscrit dans un mouvement ascendant. Les ARS vont s'organiser en trinômes pour envisager des actions de proximité. "Nous devrons aussi coconstruire nos propositions pour aider à élaborer la politique d'ensemble", a déclaré Michel Laforcade, directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine. Les pilotes du plan suggèrent aux agences de rendre compte des réalités territoriales et des choix d'organisation pragmatique qui ont pu faire leurs preuves.

À l’échelle nationale, chaque ministère impliqué a choisi sa propre méthodologie. L'académie de Versailles a ainsi été sélectionnée par le ministère de l’Éducation nationale pour imaginer des référentiels concernant par exemple les approches didactiques et éducatives en prenant appui sur la recherche, a témoigné Daniel Filâtre, recteur de l'académie retenue. Selon lui, de nombreuses questions se posent. Comment mieux soutenir sur le terrain les enseignants et mieux les former ? Comment travailler en équipes mobiles interprofessionnelles ? Et aussi comment accompagner le passage de l'école au monde du travail ?

Emmanuel Macron ouvre le Palais de l’Élysée aux autistes

Alors qu’acteurs institutionnels, associatifs, politiques, économiques ou encore du monde sanitaire et médico-social… assistaient au lancement des groupes de travail du quatrième plan Autisme, Emmanuel Macron, président de la République, recevait de son côté une vingtaine de jeunes autistes. En conclusion de cette journée, il a salué l’approche transversale engagée pour construire le futur plan. Il a aussi insisté sur la nécessité de veiller à "bien articuler le médical et le médico-social". L’objectif étant aussi, a-t-il déclaré, d’apporter des solutions à des enfants et des adultes "plongés dans un monde qui n’est pas fait pour eux". Il s’est clairement engagé à soutenir la cause des autistes. "C’est notre dignité collective qui se joue dans ce combat